Appel aux ultra-riches

  • 07. octobre 2019
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Il y a quelques jours, l’Administration fédérale des contributions nous apprenait qu’à fin 2015, la fortune totale des ménages en Suisse se montait à 1792 milliards de francs, soit 215’166 francs par habitant. En parallèle, l’inégalité de la répartition de ces richesses s’est creusée et c’est dans le canton de Genève que cette inégalité est la plus marquée (0,92 sur 1, selon le coefficient d’inégalité de Gini des fortunes dans les divers cantons).

En même temps, le pourcent le plus riche de la population a vu sa fortune nette augmenter de près de 43% entre 2003 et 2015. Les ultra-riches trouvent en Suisse et à Genève des terres d’accueil privilégiées. Selon le magazine Forbes, notre pays rassemble 33 milliardaires en 2019 pour une fortune cumulée de 107 milliards. En outre, selon une étude du Crédit Suisse, la Confédération compte par ailleurs 980 personnes disposant d’une fortune supérieure à 100 millions de dollars. Enfin, selon le magazine Bilan, en 2018, les 300 familles les plus riches résidant en Suisse représentaient une fortune cumulée de 675 milliards.

Des milliardaires américains veulent payer plus d’impôts

Aux Etats-Unis, pays qui selon Forbes accueille 607 milliardaires représentant une fortune cumulée de 3’111 milliards, des voix d’ultra-riches s’élèvent pour demander aux politiques de les taxer davantage. On pouvait lire avant l’été qu’un groupe d’ultra-riches américains a écrit aux politiques demandant l’instauration d’une taxe pour les 1% les plus riches du pays. « Taxez-nous plus » ; tel est l’appel de ces milliardaires aux candidats à la Maison Blanche comprenant l’homme d’affaires George Soros et le co-fondateur de Facebook Chris Hughes. Les signataires ajoutent : « Les Etats-Unis ont la responsabilité morale, éthique et économique d’imposer plus lourdement notre fortune ».

En outre, la sénatrice Elizabeth Warren propose de taxer les ménages disposant de plus de 50 millions de dollars d’actifs, ce qui représenterait 75’000 familles et pourraient rapporter 2’750 milliards de recettes fiscales en 10 ans. « L’argent récupéré grâce à cet impôt supplémentaire pourrait servir à aider à faire face à la crise climatique, à améliorer l’économie, à améliorer le système de santé, à créer plus d’égalité dans les opportunités, et à renforcer nos libertés en ralentissant la croissance des inégalités » assurent ces ultra-riches dont l’investisseur Warren Buffett, 4e fortune américaine, qui rappelle régulièrement qu’il paye relativement moins d’impôt que son secrétaire.

Et les ultra-riches de Suisse ?

Il devrait en être de même en Suisse. C’est pourquoi, je lance un appel aux ultra-riches de notre pays. Vous avez de par votre fortune une responsabilité particulière envers la société. Certes vous payez déjà beaucoup d’impôts en chiffre absolu par rapport au reste de la population (1% des contribuables paient 70% de l’impôt sur la fortune à Genève). Mais proportionnellement à votre patrimoine, vous pourriez contribuer davantage. On entend déjà fuser la réponse type de certains partis : si les impôts des ultra-riches augmentent, ils partiront vers des cieux fiscaux plus cléments. Et bien, comme certains milliardaires américains, prenons le pari que non. Je suis convaincu que ce ne sera pas le cas parce que les ultra-riches prendront leur responsabilité. Ils sont conscients qu’ils ont un rôle fondamental à jouer pour arrêter cette spirale infernale de l’accroissement des inégalités qui menace la cohésion et le bien-être de notre société. Ce nouvelle impôt pourrait s’appeler IRS comme Impôt Responsable de Solidarité. Il toucherait, comme proposé par la sénatrice américaine, les ménages disposant de plus de 50 millions de francs d’actifs.

A l’heure où l’individualisme ne cesse de croître, où la cohésion de notre société est mise à mal, vous, les ultra-riches, pouvez assumer cette importante responsabilité. Vous pouvez fuir ou vous pouvez investir dans l’avenir…de tous. C’est mon appel.

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